La saisie conservatoire contre votre débiteur nécessite généralement une autorisation judiciaire.
En règle générale, c’est le juge de l’exécution qui est compétent pour délivrer cette autorisation.
À noter : Exceptionnellement, pour les créances commerciales, la demande peut être adressée au président du tribunal de commerce (cf. art. L. 511-3 du Code des procédures civiles d’exécution).
En pratique, pour les litiges portant sur des créances supérieures à 10 000 euros, il est obligatoire de faire appel à un avocat pour saisir la juridiction (cf. articles L. 121-4 et R. 121-6 du Code des procédures civiles d’exécution).
Le juge peut alors rendre une ordonnance autorisant la saisie conservatoire, souvent sans audience.
Cette mesure doit impérativement être exécutée dans un délai de trois mois à compter de l’ordonnance (voir art. R. 511-6 du Code des procédures civiles d’exécution).
Enfin, après la réalisation de la saisie conservatoire, il est essentiel d’engager une action en justice afin d’obtenir un titre exécutoire garantissant votre créance.
Cette procédure doit être lancée dans un délai d’un mois à partir de l’acte de saisie.
La décision judiciaire qui en résultera transformera la saisie conservatoire en saisie exécution, facilitant ainsi le recouvrement effectif de la créance.
Par exception, l’autorisation du juge n’est pas nécessaire dans les situations suivantes :
• Vous détenez un titre exécutoire
• Vous êtes en possession d’une décision de justice dont les délais de recours ne sont pas encore expirés
• Le litige porte sur un chèque, une lettre de change acceptée ou un billet à ordre
• La créance concerne un loyer impayé pour lequel un bail écrit est en vigueur
La saisie conservatoire est toujours réalisée par un commissaire de justice (v. art. L22-1du Code des procédures civiles d’exécution).