Procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées

Un outil au service de la trésorerie des entreprises

Un dispositif de recouvrement repensé au service des entreprises

Les retards et défauts de paiement figurent parmi les premières causes de fragilité économique des entreprises, en particulier des TPE et PME. Jusqu’à présent, pour faire face aux impayés, les entreprises devaient arbitrer entre plusieurs solutions imparfaites :


L’injonction de payer, procédure judiciaire non contradictoire, souvent peu adaptée au traitement massif des créances commerciales ;


Le recours au crédit bancaire, conditionné par des critères d’accès stricts et un coût accru dans un contexte de hausse des taux d’intérêt ;


L’affacturage, outil de financement de court terme largement utilisé, mais reposant sur une logique financière et sans encadrement par des professions juridiques réglementées.

La loi adoptée introduit désormais une voie déjudiciarisée, spécifiquement dédiée aux créances commerciales certaines, liquides et exigibles, et n’ayant fait l’objet d’aucune contestation.

Inspirée de la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances, cette nouvelle procédure s’en distingue néanmoins par plusieurs caractéristiques majeures :


=> Un champ d’application strictement limité aux relations entre commerçants ;


=> La possibilité d’engagement même en l’absence de réponse du débiteur ;


=> L’absence de seuil de montant ;


=> Une articulation claire avec les tribunaux de commerce, garantissant sécurité juridique et lisibilité.

Une procédure déjudiciarisée encadrée et sécurisée

La procédure est initiée à la demande du créancier par un commissaire de justice, qui adresse un commandement de payer au débiteur.

À ce stade, deux options s’offrent au débiteur :


=> Reconnaître la dette, éventuellement en convenant de modalités de règlement ;


=> Contester la créance.


En l’absence de contestation, le commissaire de justice établit un procès-verbal de non-contestation, lequel est ensuite revêtu de la formule exécutoire par le greffier du tribunal de commerce. La créance devient alors immédiatement recouvrable.


Le respect des droits du débiteur est pleinement assuré : toute contestation entraîne l’intervention du juge.

Ce mécanisme constitue ainsi une alternative à la fois efficace, lisible et sécurisée à l’injonction de payer, reposant sur l’intervention d’officiers publics et ministériels soumis à des obligations déontologiques strictes.

Un levier de sécurisation des échanges économiques

En diversifiant les outils de gestion des impayés, cette réforme renforce la compétitivité des entreprises en leur permettant d’agir rapidement, sans compromettre leurs relations commerciales.


Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large, notamment :


=> La généralisation de la facturation électronique, facilitant un traitement plus rapide et sécurisé des impayés ;


=> Les orientations européennes visant à lutter contre les retards de paiement dans les transactions commerciales, en promouvant des dispositifs efficaces et proportionnés.

Une avancée saluée par les professionnels du droit

La Chambre nationale des commissaires de justice a salué l’adoption de ce texte, qui valorise l’expertise de la profession et son rôle de tiers de confiance dans la sécurisation des échanges économiques.


Selon son président, Benoît Santoire :


« Cette procédure répond à une attente très opérationnelle des entreprises : pouvoir obtenir le paiement rapide de factures incontestées, sans engager un contentieux, sans abandonner la créance et sans recourir à des solutions externes coûteuses. Il s’agit d’une avancée significative, tant pour la trésorerie des entreprises que pour la qualité des relations commerciales. »

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