L’ouverture d’une procédure collective entraîne des conséquences importantes pour les créanciers de l’entreprise concernée : elle suspend le paiement des créances antérieures et interrompt le droit des créanciers d’engager des poursuites individuelles.
Le jugement d’ouverture peut confier la gestion de l’actif et du passif de la société à un administrateur judiciaire. Dès lors, les créances nées avant ce jugement sont gelées, ce qui signifie que le débiteur ne peut plus régler ses factures impayées ni les pénalités de retard qui y sont associées.
Par ailleurs, les créanciers sont privés de la possibilité de poursuivre individuellement leur débiteur pour recouvrer leurs sommes dues.
Cette interruption du droit de poursuite individuel est précisée par l’article L. 622-21 du Code de commerce, qui précise que le jugement d’ouverture « interrompt ou interdit toute action en justice de la part de tous les créanciers […] tendant à la condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent ».
L’ouverture de la procédure collective met également fin à la production d’intérêts légaux, conventionnels ou de toute majoration liée aux dettes.
Ainsi, les dettes du débiteur ne génèrent plus d’intérêts à partir du jugement d’ouverture, que ce soit dans le cadre d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire.
De plus, les créanciers ne peuvent plus constituer de privilèges garantissant un paiement prioritaire (tels qu’hypothèque, gage ou nantissement).
Enfin, l’ouverture de la procédure collective instaure un ordre de priorité dans le paiement des créances.